Défaillances des entreprises du secteur du numérique : bilan de l’année 2018

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Chaque trimestre depuis 2 ans, exægis se penche sur les défaillances des entreprises du secteur du numérique et analyse leurs évolutions.

En ce début d’année, et alors que les résultats du 1er trimestre ne sont pas encore disponibles, il est intéressant de dresser un bilan des résultats de l’année 2018, afin de les comparer avec ceux de 2017 et d’anticiper les tendances de 2019.

Les données brutes sont issues de la base d’informations fournies par notre partenaire Ellisphères.

Ce baromètre est également disponible sur ChannelBP.

Une augmentation successive du nombre de défaillance sur l’ensemble de l’année 2018

Exception faite du 3ème trimestre 2018, où une très nette diminution était enregistrée, on constate une augmentation successive du nombre de défaillances sur l’ensemble de l’année 2018. (Il est possible que cette très nette diminution soit liée au fait que le 3ème trimestre se situe pendant la période estivale (du 1er juillet au 30 septembre)).

Selon Altares, premier réseau international d’informations BtoB, les défaillances se sont accélérées en fin d’année 2018 tous secteurs confondus. Celui du numérique ne serait donc pas le seul à avoir vu ses statistiques grimper entre le 1 octobre et le 31 janvier de l’année.

En 2017, une baisse sans précédent de 49.8 % était enregistrée entre le 1er et le 4ème trimestre

Si l’on compare avec l’année 2017, on constate que, contrairement à 2018, le nombre de défaillances dans le secteur du numérique n’avait eu cesse de diminuer chaque trimestre : 703 au premier ; 460 au deuxième ; 355 au troisième et 353 au quatrième.

Entre le 1er et le 4ème trimestre 2017, on enregistrait une baisse sans précédent de 49.8 %.

Des hausses en 2018 qui présagent de mauvais résultats pour 2019…

Si au 1er trimestre 2018 cette baisse successive continuait sur sa lancée, elle a donc été interrompue au 2ème trimestre de l’année avec une première augmentation depuis plus d’un an. Cette première hausse fut tout de même assez modérée, puisqu’elle ne représentait que 4.5 %.

Malgré la très nette baisse du 3ème trimestre 2018, la hausse constatée au 4ème (+ 2.8 % par rapport au 2ème trimestre de l’année et + 44.3 % par rapport au 3ème) fait craindre la suite des événements pour l’année 2019…

Cette tendance va-t-elle s’inverser en 2019 pour revenir à celle de 2017 ? Ou au contraire, va-t-elle se poursuivre avec de nouvelles hausses tout au long de l’année ?

Les indicateurs avancés exægis montrent une année 2019 qui risque de présenter une hausse importante des défaillances sur le secteur du Numérique. Alatarès prévoit la même tendance pour l’ensemble des secteurs.

Les défaillances du secteur du numérique au 4ème trimestre 2018

Sur les 332 jugements enregistrés au 4ème trimestre 2018, on constate 164 liquidations judiciaires, 106 liquidations judiciaires simplifiées et 62 redressements judiciaires, soit 81.3 % de liquidations.

Pour découvrir un aperçu du type d’entreprises concernées par un jugement au cours de ce trimestre, voici une sélection de 10 d’entre elles :

 

AGIL TECHNOLOGIES :Capital social : 735 871 €

Année de création : 17/07/2013

Agil Technologies est une société parisienne du 8ème arrondissement, en activité depuis près de 6 ans, spécialisée dans les technologies marketing.
Depuis sa création, son objectif était de créer une plateforme collaborative unique, ouverte all-in-one pour l’écosystème marketing, qui permettrait de gérer des campagnes dans leur intégralité (création et diffusion de contenus), de choisir les applications les plus pertinentes, d’ouvrir un point de convergence unique pour toutes les technologies et applications, de capturer toutes les données nécessaires à un monitoring inédit des campagnes etc.
Pour se faire, elle a mis en place l’offre Agility : une solution évolutive 100 % Cloud, qui permet aux entreprises de simplifier leur environnement marketing, en réunissant l’ensemble de leurs collaborateurs au sein d’une seule et même plateforme.
En janvier 2018, Agil Technologies est élue Startup du jour de frenchweb.fr.
En juin 2018, Agil Technologies est finaliste du concours Propulse de Vertone et intégrée dans les 100 startups de Cratech 2018.

En décembre 2018, la société Agil Technologies a été déclarée en redressement judiciaire.

 

BLUEBEEP :Capital social : 380 152 €

Année de création : 28/05/2015

SAS active depuis près de 4 ans, dans la commune de Val-au-Perche (61), Bluebeep propose une application qui permet d’anticiper les risques d’accidents domestiques chez les enfants.
Première cause de mortalité, avec environ 500 enfants tués chaque année en France, Bluebeep apporte une solution de contrôle qui, grâce à des capteurs posés sur certains objets, vont informer de la situation de l’enfant à son utilisateur.
Ces capteurs sont reliés à une application gratuite, qui alerte les parents directement sur leur smartphone, à la moindre détection de danger (ceinture de siège auto détachée, enfant qui se balance dangereusement sur sa chaise haute etc.).

Depuis octobre 2018, la société est sous la procédure d’une liquidation judiciaire.

 

CASHINFO :Capital social : 391 252 €

Année de création : 08/10/2008

En activité depuis une dizaine d’années, CashInfo est spécialisée dans le traitement des données, l’hébergement et les activités connexes.
Depuis sa création, l’entreprise opère sur le secteur du Big Data, dans la protection et la valorisation des données. Pour se faire, elle met à disposition une plateforme qui permet aux utilisateurs d’effectuer des achats en ligne, tout en maîtrisant ce qu’ils souhaitent recevoir sur la plateforme.
CashInfo se présente comme la première plateforme de valorisation de données personnelles, car elle permet la récupération de la valeur du shopping d’un utilisateur, de son activité sociale ainsi que de ses données. De cette manière, les consommateurs ont la possibilité de gérer leur liste d’envies en fonction de leurs centres d’intérêt, de leurs marques et marchands préférés.

Depuis le 13 novembre 2018, l’entreprise est en cours de liquidation judiciaire.

 

DÉADIA :Capital social : 200 000 €

Année de création : 04/11/2009

Déadia est une SAS, agissant dans le secteur de la programmation informatique.
Installée à Antony (92) depuis 9 ans, elle développe des solutions innovantes, tout en conseillant et en accompagnant ses clients dans la mise en place d’outils d’intelligence artificielle au service de l’homme, afin de faciliter leurs processus métiers. Pour ce faire, elle se focalise principalement sur la sémantique, l’analyse contextuelle et le machine learning.
Au fil des années, Déadia a développé des technologies et des applications conçues pour les métiers du support, de l’assistance technique et de la relation client.
Les trois offres principales de l’entreprises visent à réduire le temps de traitement d’un ticket d’incident, à apporter une majorité de réponses sans l’aide d’un opérateur et enfin, à diminuer les appels et les mails entrants. Pour leur mise en place, les services proposés par Déadia vont du simple support, au conseil, à la gestion de projet, en passant par le design et l’architecture logicielle.
En 2010, Déadia obtient le statut de Jeune Entreprise Innovante (J.E.I).

Depuis le 30 octobre 2018, la société est en redressement judiciaire.

 

ITAQUE :

Capital social : 1 295 527 €

Année de création : 16/04/2013

Itaque est une société par actions simplifiée, en activité depuis 5 ans dans le 15ème arrondissement de Paris.
Celle-ci propose des solutions matériels et logiciels principalement à destination des commerces, des industries, des franchises et des grands comptes. Elle est spécialisée dans l’assistance et la maintenance technique de produits professionnels tels que les produits d’encaissement. L’entreprise est également éditeur de logiciels pour plusieurs services tels que la gestion de l’encaissement, la traçabilité commerciale, alimentaire et industrielle, la commande web ou encore la gestion des stocks.

Durant 8 mois, Itaque a été labellisée TRUXT. En février 2018, l’entreprise exægis décide de lui retirer son label TRUXT en raison d’une baisse de sa notation. Le consultant exægis avait bien identifié le déclin de sa santé opérationnelle et financière et anticipé son risque de défaillance.
Dès le 8 novembre 2018, Itaque se voit placée en état de redressement judiciaire.

 

OKAZADO :Capital social : 460 000 €

Année de création : 15/01/2015

Basée dans le 17ème arrondissement de Paris, l’entreprise Okazado propose un site d’annonces de produits d’occasion pour les jeunes (collégiens, lycéens et étudiants) et leurs parents. Il est disponible en site Internet mais également en application sur l’App Store ou Google Play.
Le site propose 4 univers pour trouver et déposer des objets à prix cassés : Geek (smartphones, ordinateurs, consoles de jeux…), Sportif (vélos, raquettes de tennis, skateboards…), Artiste (CD, DVD, livres, jeux de société…) et Fashion (Chaussures, vêtements, sacs…). Un contrôle parental des annonces est appliqué pour les jeunes mineurs inscrits.
Les jeunes, inscrits au site, peuvent déposer leurs annonces gratuitement et de façon illimitée avec la formule « Découverte ». Chaque annonce déposée via cette formule est composée d’une photo et d’un descriptif.  Les inscrits peuvent également mettre en place une alerte email pour la recherche d’un objet précis. Il est également possible d’effectuer ses recherches par collège, lycée ou proximité. Pour booster les ventes, 2 formules de diffusions sont proposées : Premium et VIP.
En 2016, le groupe KBR prend la présidence d’Okazado.

En avril 2017, Okazado est déclarée en redressement judiciaire.
1 an et demi après, en octobre 2018, la société est déclarée en liquidation judiciaire. 

 

PAMPA :

Capital social : 5 000 €

Année de création : 16/05/2014

PAMPA est une société à responsabilité limitée, active depuis plus de quatre ans à Les Droux (73), où elle agit dans le secteur d’activité du conseil et des systèmes et logiciels informatiques.
Spécialiste dans le processus d’innovation, l’entreprise se propose pour accompagner ses clients afin de penser, concevoir et mettre sur le marché des objets intelligents. De cette manière, PAMPA leur assure d’augmenter la valeur d’usage de ces objets. Le but est bien entendu de se démarquer de la concurrence, en investissant continuellement dans les avancées technologiques.
De manière concrète, le concept de PAMPA se traduit par deux offres ; l’une axée sur les projets d’innovation, et l’autre axée sur la stratégie d’innovation. Pour les projets d’innovations, la société propose de mener les opérations d’exploration, d’imagination et enfin de prototypage.

Depuis le 4 décembre dernier, PAMPA est en cours de liquidation simplifiée.

 

PEBSCO BRETAGNE :Capital social : 377 600 €

Année de création : 28/07/2014

PEBSCO BRETAGNE est une SAS installée à Brest depuis près de 5 ans, spécialisée dans le secteur d’activité de la gestion d’installations informatiques.
A sa création, la société souhaitait répondre à la demande de solutions d’hébergement mutualisé en datacenter sur le Finistère, et plus généralement sur la bretagne. Pour ce faire, elle a mis en place une solution nommée « Hermine ».
Hermine est d’un datacenter éco-responsable, qui vise à corriger le fait que la Bretagne soit une zone géographique plutôt délaissée par les opérateurs de datacenter. Ainsi, avec Hermine, PEBSCO offre plus de liberté aux entreprises bretonnes, qui vont pouvoir disposer d’une offre locale leur permettant d’améliorer leur compétitivité et d’externaliser leurs serveurs. La deuxième spécificité de ce datacenter est qu’il s’inscrit dans une démarche Green IT. Celle-ci se traduit par la mise en place d’une technologie « free cooling », qui permet une utilisation optimale des climatiseurs, grâce à un confinement d’air.

En redressement judiciaire depuis juillet 2018, la société a subi un jugement arrêtant son plan de cession en novembre dernier.
En décembre 2018, un jugement prononce la liquidation judiciaire de PEBSCO.

 

SIRIUS EUROPE :Capital social : 380 000€

Année de création : 14/08/2013

Sirius Europe est une SAS, installée dans le 12ème arrondissement de Paris depuis près de 6 ans, spécialisée dans la gestion de projets.
Depuis sa création, l’entreprise propose la mise en place de bureaux de projets, la réalisation d’audits de performance, l’accompagnement dans le développement des compétences en gestion de projets, la mise en place de tableaux de bord en gestion de projets, le redressement de projets en difficulté et la diffusion de programmes de formation en gestion de projets.
Les principaux clients se regroupe en 5 grandes catégories : les banques et assurances ; les télécoms et les médias ; l’industrie et les transports ; la distribution et les services et enfin l’énergie et l’environnement.

Le 9 octobre dernier, Sirius Europe a été placée en redressement judiciaire.

 

TANGIBLE DISPLAY : Capital social : 118 200 €

Année de création : 17/10/2011

Tangible Display est une SAS en activité depuis 7 ans à Montreuil (93), spécialisée dans le secteur de la programmation informatique.
Depuis sa création, l’entreprise développe une expertise autour du « Phygital », qui désigne le fait d’optimiser l’expérience utilisateur grâce à la manipulation du produit.
Pour cela, la société propose des présentoirs connectés et digitalisés, qui permettent aux marques d’approfondir l’expérience client et d’augmenter leurs taux de conversion de plus de 40 %.
Pour se faire, des capteurs sont mis en place pour identifier les interactions que les clients ont avec un produit, puis le contenu associé à chaque produit est affiché sur un écran tactile. De ce concept ont découlé trois offres principales ; Tangible Retail, Tangible Data et Objectiviz.
Tangible Display a notamment collaboré avec des grandes marques de cosmétiques, de vins et spiritueux, et également des entreprises du secteur bancaire.
Parmi ses collaborations, un de ses projets s’est particulièrement distingué : le présentoir connecté pour le parfum Poison Girl de chez Dior. En 2016, se présentoir a obtenu le POPAI d’OR, dans la catégorie « Digital media : matériel interactif ».

Le 14 novembre 2018, la société a été jugée en liquidation judiciaire simplifiée.