Quand le télétravail devient la règle et non plus l’exception

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C’est le constructeur PSA qui l’a annoncé début mai. En pleine période de confinement, il souhaite « basculer définitivement dans une organisation où le télétravail devient la règle et la présence au bureau l’exception ».
La crise du coronavirus accélère ainsi un processus déjà enclenché dans l’entreprise et Xavier Chereau, le directeur des ressources humaines et de la transformation du groupe, a annoncé la décision de « renforcer le travail à distance, et d’en faire la référence pour les activités non reliées directement à la production », c’est-à-dire 80 000 des 200 000 employés du groupe.
Le constructeur fait preuve de maturité sur ces sujets, puisqu’il avait déjà entamé la transition en instaurant le télétravail partiel ou total pour 18 000 de ses employés et a mis en place des organisations flex-office sur quelques sites.
D’autres grands groupes, dans la banque, les assurances ou les services avaient également débuté cette transition vers un travail plus mobile, plus distant.

Toutefois, comme nous l’avons constaté, à l’ère de la Covid-19 et dès le début de la période de confinement, de très nombreuses entreprises se sont retrouvées dans l’incapacité de poursuivre leurs activités, parce qu’elles n’avaient pas été préparées à pouvoir faire travailler à distance leurs collaborateurs. Les systèmes applicatifs ne le permettaient pas, les réseaux ne pouvaient supporter la surcharge de connexions tout en maintenant la sécurité nécessaire, obligeant parfois les employés à respecter des créneaux horaires de connexion., car les infrastructures n’avaient pas la flexibilité nécessaire pour suivre l’explosion des charges, certains utilisateurs n’étaient pas pourvus d’équipements mobiles, etc. Elles ont ainsi dû déployer en urgence des solutions de télétravail pour assurer la continuité de leurs opérations.
Aujourd’hui, nous percevons les premiers retours d’expérience de ces organisations et comment cela impacte le marché du numérique.

Digitaliser le poste de travail et les processus d’entreprises sont des mouvements que nous observons depuis de nombreuses années déjà chez MARKESS. Mais cette crise sanitaire, inattendue, subite, a permis d’éclairer le besoin criant d’accélérer ces chantiers de transformation numérique.

En 2018, MARKESS estimait que 8% des entreprises en France utilisaient des solutions de travail à distance et qu’en 2020, elles devraient être 25% à le faire. Depuis le début de la crise sanitaire et surtout le confinement instauré par le gouvernement, nous avons constaté une migration massive, à marche forcée, des entreprises vers les postes de travail virtualisés.
Des entreprises ont, par exemple, dû en quelques jours installer et activer des centaines, voire des milliers, de machines virtuelles pour permettre à leurs collaborateurs de poursuivre leurs activités. Cela, sans compter la logistique et les investissements nécessaires pour équiper des salariés en postes de travail…
Si nous estimions, avant la crise, à près de 10% la croissance 2020 du marché français de la digitalisation des postes de travail (équipements, solutions logicielles et infrastructures cloud autour du digital workplace, virtualisation des postes de travail, communications unifiées, services et financement), le constat des migrations massives qui s’opèrent actuellement nous fait réévaluer fortement à la hausse ces prévisions.
Avec cette sur-adoption rapide, nous estimons ainsi désormais à plus de 25% la croissance du marché pour 2020.
En 2021, cette tendance devrait se poursuivre, avec de nouveau une forte croissance, estimée à près de 20%.
Les entreprises qui n’ont pas réussi ou su investir (tant financièrement que techniquement ou sur le plan de l’organisation) en 2020 dans la digitalisation des postes de travail le feront en 2021. En revanche, l’effet de la crise économique annoncée et par conséquence la baisse probable du nombre de travailleurs devrait avoir raison, à moyen terme, sur la croissance de ce marché.

Jusqu’à aujourd’hui, le marché de la digitalisation des postes de travail était principalement lié à l’évolution des besoins et des modes de travail des collaborateurs (coopérer de n’importe où, avec n’importe qui, à n’importe quel moment et depuis n’importe quel équipement). A présent, un nouveau facteur va indéniablement se rajouter pour les entreprises : celui d’être équipé et préparé au télétravail à tout moment et du mieux possible. Les fondamentaux de ce marché, dont certains nés de la crise que nous traversons, devraient donc rester bien vivants ces prochaines années : considérant l’atout que le télétravail peut avoir sur le bien-être et la productivité des employés, sur les gains de temps en transport, sur la baisse des coûts alloués aux locaux, l’essor du télétravail et donc de la digitalisation des postes de travail va perdurer.

Les entreprises devront considérer ces projets de manière structurante, associant Direction Générale, DRH, DSI, Direction de la transformation. Enfin, si la période ne paraît pas propice à investir financièrement dans ces solutions, les entreprises pourront mettre en regard les loyers et autres budgets alloués aux locaux sur lesquelles elles pourront réaliser de sérieuses économies.

Ce sera autant d’opportunités pour ceux qui savent proposer et financer cette transition.

Ronan Mevel, Directeur Général

Notation et surveillance : conséquences de la crise sanitaire

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Dès le début de la crise sanitaire Covid2019, exægis a pris la mesure du phénomène et a identifié très rapidement les entreprises garanties et/ou labellisées les plus fragiles, directement ou indirectement impactées par cette dernière.

Sur le plan de la surveillance, des entretiens ont été réalisés avec l’ensemble des dirigeants, afin de recueillir les premiers impacts ainsi que les mesures adoptées pour faire face à cette situation inédite. La fréquence mensuelle de la Watch Letter en mars et avril est devenue quotidienne et hebdomadaire dès mai 2020, pour une information plus régulière et rapprochée. Une revue complète, en parallèle de la campagne de bilan 2019, est en cours de planification jusqu’à fin septembre, pour prendre en compte les éléments de révision qui vous sont présentés ci-après.

En parallèle, les activités techniques (ex : activités de sauvegarde, tests techniques) se sont poursuivies et l’intégralité des dispositifs ont été revus. Des tests complémentaires ont été réalisés sur l’ensemble des prestataires classés en TRACON 2 et sur les prestataires fortement impliqués, notamment sur les secteurs CHR, évènementiel et tourisme.

Même s’il n’est pas encore aisé aujourd’hui de mesurer et chiffrer l’impact économique de la crise sanitaire que nous traversons, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un choc économique de grande ampleur, dont les premiers effets commencent à se dessiner. C’est pourquoi, exægis considère qu’il est nécessaire d’adapter son exercice de notation sur le volet financier, comme sur le volet opérationnel.

Sur le plan de la notation financière, exægis a décidé de revoir sa méthode de notation sans pour autant procéder à une dégradation mécanique. La notation financière attribuée par exægis mesure un risque de défaillance à moyen terme (trois ans), dont il convient d’appréhender la portée, entreprise par entreprise. En attendant d’avoir plus de recul pour évaluer les conséquences multiples de cette crise, exægis choisit de miser, dans la mesure du possible, sur un exercice de terrain d’enquête au plus près des entreprises, afin de collecter des données bilancielles permettant de juger de la capacité des entreprises à couvrir leurs frais financiers, leurs créances et dettes à court terme, et d’apprécier leur niveau de liquidité d’avant crise.

En complément, lors des entretiens d’audit ou de révisions, des prévisions financières actualisées seront demandées auprès des dirigeants d’entreprise pour analyser l’impact de cette crise sur le volume de leurs ventes ainsi que sur leur situation financière (endettement financier, charges d’exploitation, résultat net, capacité de remboursement, comportement de paiement, etc.). Les mesures gouvernementales appliquées et les décisions de gestion prises par les dirigeants au cours de cette crise seront également évoquées.

En l’absence de collaboration et/ou de prévisions actualisées communiquées par le dirigeant, des hypothèses seront réalisées à partir de données sectorielles.

Selon le ou les secteur(s) d’activité adressé(s) par les entreprises et du modèle de vente pratiqué, cette crise économique peut se traduire de la façon suivante sur leur exercice comptable 2020 :

A l’issue des analyses financières, une tendance court terme (positive, neutre, négative, fortement négative) sera ainsi déterminée et accompagnera la note financière attribuée aux entreprises.

Sur le plan opérationnel, la pratique de notation va également évoluer pour intégrer l’impact de la crise sanitaire. Le pilotage des organisations en temps de crise impose plus d’exigence et de rigueur. Aussi, les pratiques opérationnelles liées à la gestion de risque vont voir leur pondération augmenter dans la grille de notation. Un accent particulier sera porté sur la maitrise des risques commerciaux, la gestion budgétaire et la maitrise des coûts, la gestion et l’accompagnement des ressources humaines avec les changements apportés par la crise, le pilotage des risques d’entreprises.
Cette évolution de l’évaluation va se matérialiser par un indice de tendance (positif, neutre, négatif, fortement négatif) sur les axes opérationnels et financiers.
A l’occasion du back testing 2022, nous déciderons de rendre cet indice de tendance structurel, de le faire évoluer ou de l’abandonner.

La représentation de la notation des prestataires va évoluer pour rendre compte ces nouveaux indices de tendances :

L’ajout de ces tendances à la notation n’impacte pas la tarification de la garantie opérationnelle.

exægis compte ainsi continuer de vous accompagner dans vos choix, sans maximiser les impacts ni les minimiser mais en rendant compte objectivement l’évolution des sociétés de votre portefeuille sur la base de données qui seront collectées sur le terrain par nos consultants et analystes.

La crise sanitaire va-t-elle condamner les startups à être rentable ?

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Entre autres conséquences de la crise sanitaire, il est fort à parier que le refinancement des VC va se complexifier et devenir de plus difficile…  
Dans ce contexte, nous pouvons nous attendre à un effet mécanique dans l’investissement des startups :

  1. Diminution du nombre de nouveaux entrants
  2. Recentrage sur les secteurs qui présentent des opportunités post crise
  3. Annulation de deals même bien avancés
  4. Délestage des startups les plus à risque : c’est à dire, celles qui présentent peu de chances de fournir une plus-value suffisante à la revente

Startups et VC : une relation à réinventer !

En recherchant LA licorne, les VC préfèreront peut-être abandonner la partie pour aller vers de nouveaux horizons, des terres plus propices à l’émergence de nouvelles startups prometteuses…

Pour les startups du portefeuille, la réaction de repli et de conservatisme est donc à craindre. Si les meilleures startups n’ont pas trop à s’inquiéter, les autres vont devoir jouer des coudes pour décrocher les bridges nécessaires à leur survie.

Mais comment juger qu’une startup d’avant crise sera aussi performante après ? Comment s’assurer que sa valeur ne va pas se dégrader ?

La crise rebat les cartes… les startups repartent à zéro et doivent refaire leurs preuves dans ce nouveau contexte économique qui reste, qui plus est, très… incertain.

Mais alors comment distinguer la bonne de la mauvaise startup ? Beaucoup se sont déjà penchés sur la question : « la mauvaise startup ?… bon, elle voit un marché, elle saute dessus ! Alors que la bonne startup, elle voit un marché, elle saute dessus mais c’est pas pareil »…

Cet exercice de sélection, déjà difficile, va se complexifier encore davantage avec la crise. Qui est capable aujourd’hui de déterminer ce qui marche et marchera encore le mois prochain ? Ce qui va marcher ? Ce qui a marché ? Personne.

Devant ce contexte, et bien que le rapport de force leur soit favorable, les VC deviennent de plus en plus démunis. Quoi qu’il arrive, ils vont devoir densifier les moyens de contrôle de leur portefeuille pour se repositionner : les promesses et les rêves apportés par les entrepreneurs ne suffiront plus à satisfaire leur besoin de confiance et à diminuer leur crispation du moment. Il faut impérativement être rassurant sur les capacités de l’équipe à tenir la barre et de ne pas la voir partir avec le premier embrun ou pire, la voir se saborder.

Faites le deuil de votre BP & concentrez-vous sur le diagnostic de votre Business Model !

Une chose est donc certaine : tout comme il est plus difficile de manœuvrer en mer agitée, le pilotage des startups en période de crise nécessite une vigilance supérieure et une plus grosse rigueur dans les processus décisionnels. Pensez adaptabilité, itérations raccourcies et sang-froid, plutôt que gesticulation et pensez pilotage discipliné à vue, plutôt que « pilotage à la canne blanche ».

Les startups ont désormais un enjeu de démonstration vis à vis des fonds. Elles doivent impérativement leur démontrer l’excellence du pilotage de leur navire, au risque de ne pas arriver jusqu’au prochain ravitaillement. Bien qu’indispensable, il s’agit là d’un exercice pour lequel elles ne sont pas toutes forcément préparées. Depuis plusieurs années, leur écosystème leur accorde leur confiance à coup de concours de startups et de foires à l’innovation, tout à sachant qu’elles ne gagnent pas ou très peu d’argent.

Aujourd’hui jugées sur leur résultat financier, leur KPI de traction, leur CAC, LTV et consorts, comment convaincre un investisseur de miser sur une startup alors que tous ces indicateurs sont en berne ?
« La faute au virus Monsieur… ». Ce discours passera peut-être avec les fonds de solidarité mis en place par le gouvernement mais passera moins bien auprès de investisseurs.

C’est la revanche des indicateurs de pilotage : hypothèses de reprise, moyens de mesures de ces hypothèses, confrontation au marché et reconfiguration continue du Business Model. 

Le conseil d’exaegis : mesurez l’impact de la crise sur votre Business Model, ajustez les moyens de contremesure, et déployer / tester ces nouvelles configurations sur votre Business Model.

La startup qui n’intègre pas cette mécanique d’adaptation à la conjoncture ne pourra survivre… Le bon sens paysan reprend ses droits à c’est à la fin de la foire qu’on comptera les bourses.

Christophe Poudrai, directeur des opération exaegis

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