Le guide de l’ICO pour les nuls en 10 points

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ICO

Pour comprendre simplement ce qu’est une ICO et tout ce que cela représente, lisez ce guide pour les nuls ! 10 points pour tout savoir et impressionner votre entourage !

  1. Qu’est-ce que la blockchain ?
    Impossible en effet de faire l’impasse sur ce qu’est la blockchain pour parler des ICO.

Cette technologie permet de constituer un réseau de données codées et réparties sur un nombre important de serveurs (ou nœuds pour les érudits). Ce réseau est maintenu par un registre qui trace toutes les transactions depuis le démarrage du système. Imaginez pour cela un livre comptable, dans lequel les transactions seraient enregistrées de manière anonyme. Ce livre est ouvert à tous les membres de la chaine mais ces membres restent bien anonymes. Les informations du registre sont disponibles à chaque membre de la chaine de façon transparente et sécurisée, sans organe central de contrôle.

Toutes les transactions sont regroupées par blocs. Une fois le bloc validé, il est horodaté et ajouté à la chaine de blocs. La transaction est alors visible pour tous (récepteur et ensemble du réseau).

Les monnaies virtuelles ou cryptomonnaies sont basées sur cette technologie blockchain, qui obéit à des protocoles de vérification des échanges indépendants des États et des banques.

  1. Qu’est-ce que les cryptomonnaies ?
    Les cryptomonnaies sont des monnaies électroniques et virtuelles basées sur la blockchain. Il s’agit de monnaies alternatives car aucune ne dépend d’une banque centrale et aucun État ou nation ne les utilise comme monnaies fiduciaires.

Cette application de la blockchain aux échanges monétaires soulève de nombreuses questions économiques et de régulation. En effet, l’émergence de ce modèle monétaire pourrait révolutionner nos échanges, désormais possible sans interaction avec un tiers bancaire.

Pour comprendre ce qu’est une pièce de monnaie virtuelle en vulgarisant à l’extrême, on peut imaginer l’analogie suivante avec les pièces de monnaie : serait inscrit sur toutes les pièces, leurs poids, les matériaux utilisés avec les quantités, les noms des personnes qui les ont fondus, ceux de celles qui les ont gravés et de toutes celles qui les ont touchées et possédées.

Les cryptomonnaies sont exclusivement utilisées pour le commerce sur internet. Elles sont cryptées et n’ont aucun support physique (pas de pièces, pas de billets). Pour utiliser une cryptomonnaie, il faut détenir le code permettant de la décrypter (cela peut être un code, une empreinte digitale ou autre). Toutes les transactions émises via des cryptomonnaies sont totalement transparentes et publiques.

Le cours des cryptomonnaies est très volatile car il est principalement lié aux spéculations.

Il existe des centaines de cryptomonnaie dans le monde. Les principales familles sont le Bitcoin créé en 2009 et l’Ether crée en 2015. Il en existe d’autres comme le Ripple, le Litecoin, le Dash, le Monero, le Namecoin ou encore le Peercoin etc.

  1. Qu’est-ce qu’une ICO ?
    Une ICO (Initial Coin Offering) est un nouveau mode de financement pour les projets, en phase de démarrage, des startups de la blockchain.

Pour lever des fonds via une ICO, la startup émet des actifs numériques, appelés tokens, qui pourront être acquis par quiconque en échange de cryptomonnaie (généralement de l’ether ou du bitcoin).

Pour ceux qui investissent dans une ICO, la contrepartie peut prendre plusieurs formes. Les détenteurs de tokens bénéficient généralement de l’un ou de plusieurs des points suivants :

  • Augmentation de la valeur de leurs tokens, qu’ils peuvent espérer revendre si le projet est un succès
  • Droits de vote ou de gouvernance en tant que participants au réseau décentralisé
  • Droit d’usage, par exemple un droit d’usage sur un service offert par l’émetteur. Ces tokens peuvent être utilisés en services ultérieurs de l’émetteur : par analogie, une compagnie d’aviation qui se lancerait émettrait des miles pour financer l’achat de ses avions, ou dans le même genre d’idée, un opérateur télécom financerait son réseau en émettant des heures de communication…

Les ICO ne permettent pas d’acquérir des parts du capital de la startup. En ce sens, une ICO ne dilue pas le capital de l’entreprise. Le terme de « levée de fonds » est donc utilisé de manière abusive, puisque d’un point de vue fiduciaire, les cryptomonnaies ne sont pas reconnues comme des « fonds ». Cette absence de dilution attire les entrepreneurs en mal de financement, qui voient l’arrivée au sein de la gouvernance d’investisseurs externes comme des loups dans sa bergerie.

Grâce à l’ICO, les startups peuvent lever des fonds en cyptomonnaies en seulement quelques minutes. Le record actuel serait tenu par Brave, le navigateur web créé par le cofondateur de Mozilla, qui aurait levé 35 millions de dollars en 30 secondes.

  1. Comment lever des fonds via une ICO ?
    Pour réaliser une ICO, la startup doit :
  • Avoir un projet dans lequel la technologie blockchain fait sens et où elle apporte un gain généralement de transparence et de sécurité des transactions. Les ICO sont indissociables de la blockchain puisque la valeur se trouve dans un token et que seule la technologie blockchain est efficace dans la gestion transparente des tokens. Donc sans démonstration de l’apport de la blockchain dans le projet, inutile de se lancer dans une ICO puisque les tokens n’auront alors que très peu de valeur.
  • Rédiger un White Paper. Il s’agit d’un dossier extrêmement complet, dans lequel se trouvent toutes les informations nécessaires à un souscripteur. Ce dossier doit exposer la nature du projet et les fonds nécessaires son achèvement, les membres de la startup, le type de tokens et la quantité que les porteurs du projet conserveront pour eux-mêmes, les objectifs à atteindre, la feuille de route, le types d’actifs de règlement acceptés, la durée de l’ICO etc.
  • Rédiger un Smart Contract. Il s’agit du code régissant la partie technique de l’ICO qui sera intégré dans la blockchain. Il détaille le nombre de tokens qui seront mis sur le marché, à quelle période ces tokens seront disponibles et fixe les règles de manière définitive : une fois la blockchain lancée et le Smart Contract activé, aucun retour en arrière n’est possible.

Pour lever des fonds via une ICO, la startup doit fixer une date et déposer son projet sur une plateforme dédiée, comme par exemple TokenMarket. Les fonds sont donc levés exclusivement sur internet et tout le monde peut y participer. En ce sens, les ICO sont parfois considérés comme du crowdfunding.

La startup doit théoriquement indiquer en amont et de façon définitive, la durée et le montant espéré de la levée. Une fois le montant atteint, la levée est bloquée. En revanche, ces tokens deviennent vendables et achetables via des plateformes d’échange à un taux dépendant de l’offre et de la demande. En effet, certains souscripteurs en profitent pour les revendre dans la foulée, bien plus chers qu’ils ne les ont achetés.

  1. Comment se déroule une ICO ?
    Généralement la levée de fonds via une ICO se déroule en 3 étapes :
  • Annonce de l’ICO sur internet à travers la publication d’un « executive summary » (présentation succincte et synthétique)
  • Publication de l’offre, du White Paper et du Smart Contract sur une plateforme dédiée
  • Vente des tokens directement sur la plateforme de manière automatisée, en échange d’un virement par le souscripteur dans la monnaie demandée
  1. Quels sont les avantages d’une ICO ?
    Pour les startups, les avantages d’une ICO sont les suivants :
  • On ne lève pas des fonds contre des actions, ce n’est donc pas dilutif
  • Plus besoin de démarcher des investisseurs traditionnels et d’attendre des mois, voire des années, que l’un d’entre eux se décide à les financer
  • Excellent test pour l’appétence de l’offre auprès du public, à l’image du crowdfunding

Pour les souscripteurs, les avantages d’une ICO sont les suivants :

  • La levée est ouverte à tous. Quiconque est intéressé par le projet peut échanger des cryptomonnaies contre des tokens
  • Pour le moment, les ICO échappent encore à tout contrôle, donc à la fiscalité directe mais c’est aussi un risque…
  1. Quels sont les risques liés à une ICO ?
    Aujourd’hui en France, il n’existe aucune loi pour encadrer les ICO. On peut donc imaginer des arnaques de toutes sortes comme des escroqueries, du blanchiment etc. Or si vous vous faites escroquer par une ICO, vous n’aurez absolument aucun recours pour récupérer votre investissement.

Pour le reste, les principaux risques liés à une ICO pour les startups sont les suivants :

  • Risques budgétaires. En effet, une opération ICO nécessite de mobiliser de gros moyens marketing pour faire connaitre le projet auprès des investisseurs, futurs utilisateurs de la solution.
  • Risques d’images, puisque des personnes mal intentionnées peuvent participer à des ICO de manière à blanchir de l’argent…

Pour les investisseurs les risques sont les suivants :

  • Le cours des cryptomonnaies est principalement lié aux spéculations. Il est donc très volatile et une ICO peut perdre beaucoup de valeur en très peu de temps
  • Le capital investi dans les ICO n’est pas garanti. Ces investissements présentent un risque significatif de perte en capital.
  • La levée de fonds rapide et facile peut attirer des personnes mal intentionnées qui vont inventer de toute pièce un projet de manière à lever des fonds
  • Les personnes à l’origine de l’ICO pourraient ne pas utiliser les fonds levés conformément à ce qu’ils avaient annoncé…
  • Disparition de la startup dans laquelle vous avez souscrit…
  • Les souscripteurs investissent pour des projets qui n’existent pas encore. Il n’y a donc aucune garantie sur sa pertinence, sa fiabilité, son éventuel succès et sur sa véritable mise à terme
  • Bien qu’indispensable, le White Paper ne répond généralement à aucune exigence légale. Il peut comporter des inexactitudes ou des omissions importantes.
  1. Comment ne pas se faire avoir par une ICO ?
  • Bien se renseigner sur l’entreprise, son projet, ses dirigeants etc.
  • Analyser très attentivement le White Paper et le Smart Contact
  • Bien suivre l’évolution du cours entre un token et des devises comme l’euro ou le dollar
  • Se renseigner sur la valorisation des tokens proposés et sur les modalités de leur revente
  • Interroger les promoteurs de l’ICO sur l’étendue des risques associés, notamment sur la responsabilité des tokens proposés et sur les modalités de leur revente
  • Ne pas hésiter à solliciter l’avis d’exaegis, qui délivre le label icoTRUXT. Exigez le rapport associé ! Pour plus d’information sur le label icoTRUXT, cliquez ici !
  1. L’ICO est-il un phénomène mondial, une tendance lourde ou un feu de paille ?
    Depuis le début de l’année 2017, les ICO ont permis de levé plus de 3 milliards de dollars dans le monde. Rien qu’en septembre 2017, 537 millions de dollars auraient été levés via les ICO. Si ces chiffres laissent rêveurs, il ne faut pas oublier que l’engouement des ICO est très récent. Nous n’avons pour le moment que très peu de recul sur les phases qui suivent ce processus.

De plus, aucun pays ne semble actuellement avoir mis en place une législation propre et formelle aux ICO. Compte tenu des risques énoncés plus haut et du manque de réglementation internationale, de nombreux pays ont commencé à se pencher sur la question de leur encadrement. D’ici les prochains mois ou années, une réglementation stricte devrait être mise en place à l’échelle mondiale (comme pour la bourse). Quelques perturbations sur les usages actuels seront donc à prévoir…

Pour le moment, certains pays comme la Chine ou la Corée du Sud ont déjà décidé d’interdire toute levée via une ICO sur leur territoire.

  1. Quels sont les exemples d’ICO réussies et ratées ?
    Il suffit de se pencher sur l’engouement actuel des ICO pour constater un grand nombre de très belles réussites à travers le monde. Actuellement, le record est détenu par Filecoin avec 257 millions de dollars récoltés. S’ensuit les entreprises Tezos, Bancor et Status avec respectivement 233, 153 et 90 millions de dollars levés.

En France, on distingue 3 startups ayant particulièrement réussi leur ICO. Il s’agit de Beyond The Void, avec son projet de jeu vidéo basé sur la blockchain, qui a levé 110 000 euros ; la startup lyonnaise iEx.ec, qui a levé en avril 2017 et en quelques heures 12 millions de dollars pour son infrastructure en cloud ; et la startup DomRaider, spécialisée en « drop catching » et développant un réseau décentralisé dédié aux enchères en temps réel reposant sur la blockchain, qui avait fixé son objectif à 35 millions d’euros et qui, si elle refuse de dévoiler le montant atteint, indique avoir « bien vendu les 560 millions de jetons disponibles ».

Ces réussites ne doivent pas faire oublier qu’en fonction du cours très volatiles des cybermonnaies, une ICO peut perdre beaucoup de valeur très rapidement. Si peu d’échec sont à constater jusqu’à maintenant, on notera tout de même l’exemple de Bancor Protocol, qui le 12 juin 2017 levait 153 millions de dollars avec l’ether qui valait à cette date environ 385 dollars. Le 15 juin 2017, le montant levé ne correspondait plus qu’à 119 millions de dollars, soit une perte de 34 millions de dollars en 3 jours…