L’ITIL : une aide contre les défaillances IT

Pourquoi certaines défaillances d’entreprises continuent-elles de se produire malgré l’accès à un référentiel de bonnes pratiques comme l’ITIL ? Pourquoi cette synthèse des meilleures pratiques de gestion des services informatiques n’est-elle pas adoptée par toutes les organisations ?

Un certain nombre de professionnels reprochent à l’ITIL (Information Technology Infrastructure Library ou Bibliothèque pour l’infrastructure des technologies de l’information) de ne pas expliquer la procédure à suivre. D’autres la trouvent très compliquée à lire.

La première remarque peut être comparée à une leçon de conduite : l’élève se plaint car on lui dit qu’il est primordial de regarder régulièrement les rétroviseurs, mais on ne lui explique pas comment faire. N’importe quel moniteur répondra que la circulation routière change constamment et que conduire en sécurité ne veut pas seulement dire conduire, mais aussi faire attention à ce qui se passe devant et derrière soi et réagir de manière appropriée. La fréquence à laquelle le conducteur doit vérifier ses rétroviseurs dépend de la route, du trafic, de la vitesse, des réflexes des conducteurs et de nombreux autres facteurs qui peuvent être uniques et dépendre de la situation. La compréhension et l’appréciation de la logique derrière le conseil suffit à expliquer l’application des conseils.

Guide exaegis : Comment choisir son prestataire ?

En 2004, Michael Porter, professeur de stratégie d’entreprise à l’université d’Harvard, déclarait : « La façon dont une entreprise gère certaines de ses activités est une réflexion de son histoire, de sa stratégie et de sa façon de la mettre en œuvre, ainsi que le budget sous-jacent de ces mêmes activités ». L’ITIL doit donc pouvoir être utilisée par toutes les entreprises, indépendamment de leur maturité, de leur taille et de leurs ressources, tout en appliquant les théories de la contingence et le principe du management par objectifs pour que son référentiel réponde au « comment faire ».

En ce qui concerne la seconde remarque au sujet de la difficulté de lecture, l’ITIL est une bibliothèque comprenant des livres écrits par plusieurs auteurs et, comme on peut s’y attendre, de différents styles, bien que les éditeurs de logiciels essayent vivement d’obscurcir ces différences (certains avouent cependant n’en lire que certaines parties).

D’abord définie par l’agence gouvernementale britannique du commerce (OGC) dans les années 80, l’ITIL prend ses racines dans deux disciplines principales : l’informatique de gestion (ITM) et la gestion des services. Elle puise également ses connaissances dans le management de la qualité, l’ingénierie des procédés, la comptabilité, la stratégie, le commerce, le marketing et le management du personnel. Ses pratiques sont soutenues par diverses théories, qui incluent du management de la qualité, de la gestion du changement, de l’encadrement, ainsi que des fondements comportant de la gestion d’échéances, de l’établissement d’objectifs, tout ce qui concerne la planification, la visualisation, le changement par étapes…

Bien que certaines de ces disciplines et théories soient mentionnées dans les publications, cela ne suffit pas à les comprendre entièrement. Pour obtenir la compréhension entière, mais surtout nécessaire, qui permettra d’appliquer correctement ces conseils et d’obtenir des résultats, il faut s’appuyer sur des lectures autres que les publications.

Etant donné la nature dynamique de l’environnement d’exploitation, l’innovation constante et les progrès dans l’ensemble des connaissances, les professionnels doivent constamment revoir les pratiques de gestion des services informatiques en prenant en compte le changement des besoins des entreprises, le changement dans l’environnement, de l’innovation et des ressources disponibles.

Ce qui relevait de l’excellence hier ne l’est peut être plus aujourd’hui. Il y a dix ans, les cyber menaces n’étaient pas un problème. Ce n’est plus le cas en 2016. Les professionnels doivent continuer de se tenir informés des innovations et des ajouts à l’ensemble des connaissances en fréquentant régulièrement des événements et en s’abonnant à des publications pertinentes. La correction des défaillances, associée à l’atteinte de la réputation de l’entreprise sont plus coûteux à réparer que de consacrer du temps et quelques euros pour mettre en œuvre de meilleures pratiques.

 

10 défaillances significatives du secteur numérique (2ème trimestre 2016)

Après les défaillances IT du premier trimestre, exaegis se penche cette fois sur celles du deuxième trimestre, toujours en se basant sur les trois types de jugement synonymes de risque fort de défaillance (redressement judiciaire, liquidation judiciaire et liquidation judiciaire simplifiée). Les statistiques utilisées se basent une fois de plus sur les codes APE

 

 

novacom-associés

Capital social : 780 000 ; Effectif : 24 salariés

Novacom Associés est une agence de conseils et de conception de dispositifs de communication et de marketing relationnels. Créée en 2003, elle proposait le concept de « Digital in Situ », c’est-à-dire la mise en place de systèmes digitaux créant une interactivité entre le lieu, le client et les produits proposés. Malgré de très bonnes références ( Renault, Canalsat et Canal +, Orange, Jaguar, la Maaf etc…) et des prix importants ( Grand Prix de la Publicité en 2007 et le Prix de la meilleure stratégie internet en 2009, labellisée entreprise innovante par Oséo Anvar ), l’agence a été placée en liquidation judiciaire le 31 avril 2016

 

Nware_Logo

Capital social : 691 900 ; Effectif : 50 salariés

Nware est une entreprise spécialisée dans l’accompagnement dans la transformation des infrastructures SI et dans la cybersécurité depuis 2008, elle est labellisée Jeune Entreprise Innovante en 2011. Peu d’informations financières sont disponibles, Nware  ne publiant pas ses bilans, elle semble avoir a réalisé un chiffre d’affaires de 6,7 millions d’euros en 2013 avec 102 salariés  et était alors en phase de recrutement d’une trentaine de salariés d’ici trois ans. Après le rachat de l’ingénierie Orbytes en 2014, la SSII était en phase de déploiement dans tout le pays, et avait comme ambition d’évoluer vers le métier de fournisseur de services Cloud, et annonçait le triplement de son CA. Nware comptait parmi ses clients la Société Générale, Mondiale Assistance, Essilor, Rhodia. Initialement en placée en redressement judiciaire au début du mois d’avril 2016, elle a finalement été rachetée le 14 juin dans le cadre d’un plan de cession par NEXTIRAONE. 

 

teletech internationa_logo

Capital social : 525 000 € ; Effectif : 20 salariés

Teletech International est un centre d’appel crée en 1993 proposant des solutions CRM personnalisées pour les entreprises via sa propre plateforme, Nest CRM. Elle a été récompensée par le prix Arseg de l’environnement de Travail 2012, le Trophée Mieux Vivre en Entreprise 2013 et l’Espoir du Management 2014. Elle comptait parmi ses références Total, la mutuelle Unéo, Cétélem, Epson, Versatel …etc. Teletech a bénéficié d’importants soutiens financiers publics notamment  6,5 millions d’euros pour la réhabilitation de l’ancien site AMORA de Dijon contre une promesse d’emploi de 400 personnes. A la base en redressement judiciaire en février, l’entreprise est rachetée par FINARE, la holding du courtier ECA Assurance .

golaem

Capital social : 137 280 € ; Effectif : 14 salariés

Golaem est une startup fondée en 2009 dont l’activité se base autour de la création de foules virtuelles, par le biais du logiciel Golaem Crowd, utilisé notamment par les productions cinématographiques et publicitaires ( Astérix au service de sa majesté, une publicité Orange).  Ce logiciel qualifié comme un « outil prêt à l’emploi » lui a permis de de se faire connaître à l’international dans le film Warm Bodies et dans un épisode de la série à succès Game of Thrones. Elle a réussi à lever 525 K€ en 2012, puis 600 k€ en 2014. Malgré tout, l’entreprise est en redressement judiciaire depuis le mois de juin.

 

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Capital social : 122 410 ; Effectif : 12 salariés

Navidis  est une entreprise qui a développé une plateforme numérique de services de proximité basée sur le SoLoMo (Social/Local/Mobile) et qui permet par exemple, d’augmenter ses revenus, de faire des économies …etc. En 2010, elle a obtenu le Prix spécial du jury au Festival Fimbacte et le prix de la catégorie “Business & Services Innovations” au FTTH Innovation Awards. Elle a également reçu le label « Reconnu d’intérêt Pédagogique » du Ministère de l’Education Nationale, ainsi que deux lauréats d’appel à projets en 2012. L’entreprise avait des clients comme le Microsoft, Schneider, Cofiroute et des institutions et des collectivités ( RMN, Conseil Régional d’Ile-de-France, Ministère de la Culture et de la Communication …etc.). L’entreprise est en redressement judiciaire depuis fin juin.

 

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Capital social : 96 080 € ; Effectif : 20 salariés

Ezakus est  une entreprise fondée en 2011 qui se présente comme une plateforme mettant en contact les marques ainsi que les internautes en fonction de leurs affinités réelles, qu’ils aient l’intention d’acheter ou qu’ils soient déjà clients. Elle permet également d’optimiser les actions marketing depuis l’acquisition jusqu’à la fidélisation client. Par l’intermédiaire d’IDinvest, elle est parvenue à finaliser une levée de 2,2 millions d’euros en 2011 et de 2.5 millions d’euros en 2013. D’abord placée en redressement judiciaire puis en plan de cession en juin, elle est rachetée par NP6, spécialisé dans l’emailing et la relation clients.

baobaz

Capital social : 96 000 € ; Effectif : 47 salariés

Baobaz est une agence web fondée en 2000 spécialisée en E-commerce et en accompagnement de projets de communication et d’e-marketing, travaillant principalement avec des marques ( Burton, Aubade, Etam, La Halle, Zadig & Voltaire …etc. ). En 2012, les résultats financiers disponibles montrent une progression du CA (atteignant 5,3 M€) mais également une dégradation forte de son résultat d’exploitation passant de 81 k€ à -300 k€.  En 2015, elle rejoint le groupe Revolution 9. Elle est en redressement judiciaire depuis la fin du mois de juin.

 

2ymedia

Capital social : 88 904 € ; Effectif : 20 salariés

2 Y Media, plus connue sous le nom d’AdServerPub, est une startup spécialisée dans la diffusion de compagnes publicitaires en ligne  et de ciblage d’internautes créée en 2009. Elle compte parmi ses clients La Redoute, Meetic, TV5Monde, Pixmania ou encore Zalando et a effectué une levée de fonds de 2 millions d’euros en 2013 pour se développer à l’international ( Allemagne, Espagne ). Cependant, elle est en redressement judiciaire depuis le mois de juin.

idyalconsulting

Capital social : 50 000 € ; Effectif : 20 salariés

Idyal Consulting est une agence créée en 2006 qui propose des solutions destinées notamment à l’amélioration et à l’accompagnement des SI. De 2008 à 2012, elle a bénéficié du Crédit d’Impôt Recherche (CIR) et a pu installer un local à Dakar en 2013. Malgré de bonnes références ( BNP Paribas, la Société Générale, SFR, Cofrac et Axa IM ), l’agence est en redressement judiciaire depuis la fin du mois de juin.

 

savemysmartphone

Capital social : 44 064 € ; Effectif : 20 salariés 

Save My Smartphone est une startup créée en 2013 qui propose de la réparation de smartphones et de tablettes et dont l’objectif à long terme est d’apporter un service de réparation dans la journée pour n’importe quel objet connecté dans le monde. Elle a obtenu le Pass French Tech dans le cadre du programme Fast Track de Cap Digital et a effectué une levée de fonds de 15 millions d’euros en 2015. Les objectifs affichés sont alors très ambitieux ( développement en province sous forme de franchise, création de corners de réparation dans des boutiques d’opérateurs de téléphonie mobile), l’entreprise est en redressement judiciaire depuis début juillet. Le CEO livre son analyse sur le site MEDIUM.

 

Le secteur du numérique se développe constamment et les entreprises/startups sont très nombreuses dans ce secteur devenu très concurrentiel. Dans ce contexte, les défaillances sont inéluctables, d’autant plus que les modèles économiques sont peu éprouvés. Il est important d’anticiper ces défaillances que vous soyez clients, financeurs ou investisseurs des entreprises du numérique. Le recours à un tiers de confiance apparaît comme une garantie de sécurité dans la phase de sélection de vos partenaires, dans  la surveillance continue de la santé financière (cf . évaluer la santé financière de votre futur prestataire SaaS) et opérationnelle, voire in-fine dans la souscription d’une garantie de continuité de service auprès du tiers de confiance.                      

 

10 défaillances significatives du secteur numérique

Pour le premier trimestre 2016, Exaegis a relevé les entreprises dans le secteur du numérique qui correspondent aux trois types de jugement synonymes de risque fort de défaillance : redressement judiciaire, liquidation judiciaire et liquidation judiciaire simplifiée. Les statistiques utilisées se basent sur les codes APE, leur classification est donc approximative.

FLOP10

e merchant

Chiffre d’affaires 2014 : 19 032 K€ ; Effectif : environ 100 à 200 salariés

Filiale de PIXMANIA proposant des plateformes e-commerce, des services opérationnels (acquisition de trafic, webmastering, service client …) et du consulting. En octobre 2015, elle est placée en redressement judiciaire pour cessation de paiement avec une période d’observation de 6 mois pour éventuellement trouver des repreneurs ou des partenaires. Elle a finalement été rachetée en février 2016 par Vente-Du-Diable, également professionnel de l’e-commerce.

Chiffre d’affaires 2014 : 5 219 K€ ; Effectif : environ 20 à 50 salariés

Elle propose de nombreuses prestations variées : audit, conseils, assistance technique, management de projet, déploiement et planning de réseau, design… etc. En 2012, elle crée Strathom International et possède à présent des structures opérationnelles en France, en Grande-Bretagne, en Suisse, au Maroc et en Inde. En redressement judiciaire depuis le mois de février 2016.

starlogChiffre d’affaires 2012 : 2 949 K€ ; Effectif : environ 20 salariés

Entreprise proposant des prestations d’audit, de conseil, de développement, des prestations au forfait et de la commercialisation et la vente de matériels ainsi que de logiciels informatiques. En 2012, elle bénéficie d’une procédure de sauvegarde et d’un plan de sauvegarde l’année suivante. Malgré cela, elle a subi une liquidation judiciaire au mois d’avril 2016.

chrisarChiffre d’affaires 2014 : 710K€ ; Effectif : environ 20 salariés

Entreprise de développement de logiciels créée en 2003. Elle est à la base spécialisée dans les domaines de l’acoustique, du traitement du signal et de données. En 2007, elle élargit son spectre de compétences dans les domaines de l’informatique, de l’électronique et de la mécanique à la suite de son succès naissant (Jeune Entreprise Innovante en 2005) : elle conçoit et développe des logiciels et des systèmes électroniques pour la simulation acoustique sous-marine et aérienne. En dépit de sa participation à de nombreux projets collaboratifs labellisés par le Pôle Mer Méditerranée et son champ de compétences très large, l’entreprise est en redressement judiciaire depuis février 2016.

ssl europaChiffre d’affaires 2012 : 250K€ ; Effectif : environ 50 salariés

Elle propose des solutions serveurs, la signature électronique de documents, la traçabilité des échanges dématérialisés et des solutions de convergence dont l’authentification dans le but d’optimiser la sécurité numérique de ses clients. En 2014, elle ouvre deux filiales à l’étranger : une à Sydney en Australie et une à Nankin en Chine. En redressement judiciaire depuis avril 2016.

Crash Test exaegis

urbansChiffre d’affaires 2013 : 1 580 K€ ; Effectif : environ 25 salariés

Entreprise spécialisées dans les applications mobiles professionnelles sous système d’exploitation Android. Au printemps 2015, elle parvient a levé 700 000 euros, dont 150 00 euros auprès de Bretagne Sud Angels. L’entreprise avait déjà réussi en 2014 à lever 1 M€ pour financer des activités de R&D Elle obtient la même année le trophée « Performance commerciale par l’innovation numérique » par les Dirigeants Commerciaux de France. En cours de liquidation judiciaire depuis février.

dsfiChiffre d’affaires 2014 : 426 500 € ; Effectif : environ 5 salariés

Groupe de marketing et de communication digitale créé en 2003, répartie en trois divisions : corporate, numérique et events. Elle propose des services très variés en création de site web, de supports de communication, de l’organisation événementiel …etc. En liquidation judiciaire simplifiée depuis le début du mois d’avril et est actuellement en plan de cession.

beetree

Chiffre d’affaires : Non communiqué ; Effectif : 2 salariés

Service de e-santé qui propose une plate-forme de télésurveillance médicale pour les personnes atteintes de maladies chroniques et âgées de plus de 60 ans. En liquidation judiciaire depuis le mois de mars

netengo

Chiffre d’affaires : Non communiqué ; Effectif : 2 salariés

SSII spécialisée dans la création de solutions pour l’E-tourisme et l’e-commerce, avait lancé le concept du NTG Booking, un moteur de réservation utilisant la technologie NFC, qui a la particularité d’être multi-hébergements et multi-établissements. En liquidation judiciaire simplifiée depuis février.

vitaclicChiffre d’affaires 2014 : 1 335 455 € ; Effectif : environ 50 salariés

Application créée par Carturis, qui constitue un dossier santé sur le web où on peut y déposer et gérer toutes ses données médicales. En liquidation judiciaire depuis le mois de mai.

Des précautions utiles

Exaegis peut intervenir comme un tiers de confiance pour la continuité d’activité de ces entreprises dites « à risques » et permet une garantie de sécurité pour les éventuels financeurs si l’entreprise venait à à avoir des difficultés. Dans le contexte du SaaS, le recours à un tiers de confiance devient incontournable pour créer un plan d’urgence qui permet de :

  • Fournir un accès indépendant aux données, même si le fournisseur cesse son activité,
  • Bénéficier des données et permettre l’utilisation des applications,
  • Assurer la continuité d’exploitation opérationnelle de l’application,
  • Utiliser les applications SaaS pour une période prolongée pour évaluer les options de remplacement,
  •  S’assurer une fois le nouveau choix retenu que les données disparaissent des anciens serveurs.

Réaliser toutes ces opérations nécessite de pouvoir s’accorder en totale confidentialité et en totale indépendance avec toutes les parties prenantes, sans jamais que le risque pour le prestataire de se voir piller sa technologie soit soulevé.